Un kamasutra de Brigitte Lahaie, il était temps. Non ? 
J'en avais sorti un autre, il y a 6 ou 7 ans, dans un registre différent, mais celui-ci est bien plus rigolo grâce aux illustrations de Philippe Tastet. Mais attention, le kamasutra n'est pas un simple recueil de positions. C'est surtout un manuel sur l'art d'aimer. Pour qu'un couple parvienne à maintenir une bonne sexualité, il n'y a pas 36 000 solutions. Il y a l'adultère, mais ce n'est pas le conseil que je donne en premier. Il y a la sexualité sacrée, "mystique" qu'on confond communément en Occident avec le tantrisme. Et puis il y a le côté ludique, qui fonctionne très bien.

L'humour, c'est donc la clé d'une sexualité qui résiste à l'usure du couple ?
Quand on rencontre quelqu'un, on a envie que ça dure. Or dans 80% des cas, ça ne dure pas parce que la sexualité s'émousse. Le ludique est un moyen, oui. Même si vous ne faites pas toutes les positions du livre, le lire avec son partenaire fait fonctionner l'imaginaire, ça vous donne envie de le tripoter. Ce qui ne veut pas dire qu'il "faut" toutes les pratiquer. Moi-même, je ne les ai pas toutes faites : je respecte trop la verge de mon mari ! (rires)

Sérieusement vous en avez testé combien ? 
Sur les 69 du livre ? Oh je dirais une quarantaine, dont certaines pour des raisons professionnelles, il y a très longtemps. Que Dieu me pardonne ! (rires)

Et vos préférées ? 
Je vais vous décevoir, mais je trouve que le missionnaire, il n'y a rien de tel. En musique, quand on a tout écouté, on revient à Mozart. Avec le sexe, c'est pareil. Maintenant si une femme fait l'amour avec un homme qui a une sale gueule, je lui conseille la levrette. Mais si on fait l'amour avec quelqu'un qu'on aime, dont la peau vous excite, le missionnaire est la position qui procure le plus de contacts. On peut se regarder, se parler, se toucher. Cela dit il y a des tas de positions que je trouve sympa. L'important, c'est de varier. Le problème, c'est que les hommes aiment faire toujours l'amour de la même manière...

Vous généralisez...
Je ne parle pas de vous. Mais pour la plupart des hommes, c'est rassurant, il savent qu'ils vont maintenir leur érection, qu'ils vont contrôler leur éjaculation. Seulement nous les femmes, si on connaît le début, le milieu et la fin du film, on n'a plus envie de le regarder.

"Le succès de 50 Nuances de Grey me consterne"

Qui est le plus aventureux en matière de sexualité ? L'homme ou la femme ? 
Le plus aventureux, c'est l'homme. La femme a sans doute un imaginaire plus développé mais elle n'ose pas l'exprimer. Donc il faut un guide...

Le succès de 50 Nuances de Grey, c'est lié à ce besoin d'imaginaire sexuel chez les femmes ?
Sans doute puisque ce sont les femmes qui l'achètent en priorité. Maintenant je suis assez consternée du succès de ce livre. D'abord parce que d'un point de vue littéraire, il est nul. Il est rès mal écrit, il ne se passe pas grand chose. Je n'ai pas réussi à le lire en entier : il m'est tombé des mains ! Ce que je trouve très dommage, c'est qu'il raconte encore une fois l'histoire du prince charmant qui éveille la princesse. Soit une femme jeune qui rencontre un homme plus âgé qui l'initie à une sexualité extraordinaire à laquelle elle n'aurait pas eu accès autrement. Bref on ne sort pas des clichés.

Depuis le temps que vous parlez de la sexualité à la radio, dans les livres, avez-vous l'impression que le discours a beaucoup évolué ? 
Oui, quand même. Je vais avoir 60 ans et je peux vous dire que lorsque j'en avais 20, il y avait plein de choses que j'ignorais et que j'ai appris sur le tas, pas toujours dans les meilleures conditions. Aujourd'hui on parle beaucoup plus du sexe, et même si on critique les films porno, ça montre quand même aux jeunes hommes et aux jeunes femmes comment l'autre sexe est "fait". En revanche les vraies questions sur la sexualité humaine sont les mêmes. La pornographie montre deux sexes qui se rencontrent. Ca ne raconte pas deux individus qui se découvrent avec le sexe, mais aussi le coeur, la tête... Mais c'est bien, ça me laisse encore pas mal de boulot (sourire)

Quelles sont les questions qu'on vous pose le plus souvent ? 
Ca fait 25 ans que je réponds, autrefois sur minitel, aujourd'hui à la radio et sur internet. Ce qui revient le plus souvent, c'est "j'ai tel ou tel fantasme, j'ai fait telle ou telle chose. Est-ce que c'est normal ?". Une inquiétude sans doute liée au poids de la morale judéo-chrétienne. "Si je fais l'amour autrement que dans la position du missionnaire pour faire des enfants, suis-je un peu beaucoup pervers ?". Ca revient encore très souvent, tout comme la question de la fidélité. J'entends beaucoup d'hommes, dans la trentaine, partagés entre leurs pulsions bien normales et l'amour qu'ils portent à leur femme. Il n'y a plus de prêtres pour leur donner l'absolution, alors il faut bien qu'il y ait des sexologues ! (sourires)

Justement, que répondez-vous à ces hommes qui ne supportent pas d'être infidèles ? 
D'abord je les rassure : il est normal d'avoir des pulsions. Ensuite, s'ils n'assument pas, qu'ils aillent voir un professionnel plutôt que d'être ravagés par la culpabilité.

"Une femme qui met trop en avant sa sexualité faire fuir les hommes"

En 2014 une femme infidèle est-elle plus mal perçue qu'un homme infidèle ?
De plus en plus de femmes passent à l'acte. Et en règle générale c'est dramatique parce que certaines vont quitter leur mari pour leur amant et s'en mordre les doigts trois mois après. Dans ce domaine la femme va être davantage contrôlée par ses émotions que par ses pulsions, alors que ce devrait être un mix d'émotions, de pulsions... et de raison.

Dans votre vie personnelle, avez-vous toujours fait la part des choses ? 
Je pense que je me suis toujours assumée en me disant : je fais ce que j'ai envie de vivre. Mais j'avais des garde-fous intérieurs. Or aujourd'hui, le discours sur la sexualité des femmes est très pervers. Dans les magazines féminins, que je déteste, c'est tout juste si on ne leur dit pas qu'il est essentiel de faire la fellation du siècle dès le premier soir, d'accepter la sodomie alors qu'elles n'en ont pas trop envie. Or la sexualité humaine, c'est être en accord avec ses propres désirs... et essayer de trouver un compromis avec les désirs de son partenaire.

Les patronnes des magazines féminins n'ont donc rien compris au sexe ? 
Je crois que ce sont des féministes coincées qui pensent qu'elles vont vendre plus en prônant une liberté sexuelle exacerbée. Or une femme qui met trop en avant sa sexualité faire fuir les hommes !

Il y a pléthore d'émissions de cuisine à la télé... Et aucune sur le sexe. Ca vous tenterait d'en lancer une ? 
J'ai refusé beaucoup de choses. Faire mon émission de radio à la télé, ça ne marche pas. Parce que dans ce cas les gens qui témoignent sont forcément exhibitionnistes. Vous imaginez un éjaculateur précoce qui accepte de témoigner à visage découvert ? C'est qu'il a forcément un grain ! (sourire) J'ai fait un talk show sur la chaîne XXL, mais lorsqu'on a commencé à avoir beaucoup de téléspectateurs, c'est devenu très difficile. Un jour j'ai fait une émission sur le SM et j'ai reçu un copain maître-dominateur. Quelques jours après il m'appelé et il m'a dit "ma mère m'a vu au Zapping de Canal +, j'ai un problème !" (rires)

Le Kamasutra illustré, de Brigitte Lahaie et Philippe Tastet (Editions Privé). A partir de 9 euros.

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